ÉCLOSION – la Chapelle des Pénitents, Aniane

19 avril – 26 mai 2024

Mythes et mondes invisibles s’épanouissent sur cyanotypes, textiles, dessins et sérigraphies.

Avec son exposition ÉCLOSION, Ayda-Su Nuroglu nous transporte dans un sillon où résonnent visions envoutantes et identités profondes. Chimères, divinités, mythes, végétaux et créatures dialoguent d’un support à l’autre, entrelaçant cyanotypes et textiles imprimés, dentelles et sérigraphies. Ainsi le spectateur plonge dans un espace hors du temps où se déploient librement illusions, racines et désirs autour d’une mise au monde sacrée : ÉCLOSION.

A travers le “tissage” de savoir-faire artisanaux, de symboles archétypaux, de légendes et de mythes qui nous relient les uns aux autres, l’artiste crée un paganisme réinventé, qui tel l’écho d’un feu intérieur, interroge notre relation au monde, à la nature, au vivant et au spirituel. Entremêlant les techniques, Ayda-Su Nuroglu s’inspire de symboles mythologiques et iconographiques pour interroger les relations Féminin-Masculin, Nature-Culture, Humain-Animal. Une manière pour elle de célébrer les rites des mondes anciens et actuels.

Dans ses travaux récents, Ayda-Su Nuroglu libère et joue avec les méandres de la puissance maternelle. La vie – la mort- la vie comme cycle universel et intrinsèque à toute chose et tout être vivant. La mise au monde comme âge de la vie célébré est aussi une manière pour elle de tisser un lien entre le visible et l’invisible, le pratique et le symbolique pour tenter de faire surgir la part sensorielle et instinctive de nos êtres. L’artiste convoque ainsi les esthétiques et les archétypes autour des rites qui jalonnent la vie, toujours « réinventés » en actualisant les récits et les mythes qu’elle décline à travers différentes techniques entremêlées. 

DÉMARCHE

Ayda-Su Nuroglu n’est pas une « artiste du monde » comme voudrait nous le faire penser son itinéraire personnel et professionnel et comme voudrait le faire penser l’époque. Elle est une artiste des mondes, des infra-mondes. Nullement conceptuelle, comme un feu intérieur qui guiderait ses intentions, elle met à distance la catégorisation et l’essentialisme. Ses recherches font remonter à la surface du papier des visions envoûtantes et sensuelles enfouies dans des nœuds symboliques. Les formes opaques, en pointillés, superposées de ses créations entrelacent les civilisations, les genres et les espèces. Ces œuvres sont sauvages et rétives à tous les récits civilisationnels ; ce que nous livre Ayda-Su Nuroglu c’est un paganisme qui nous saute aux yeux et au ventre. Sa vision du sacré fait tomber la pseudo nature des êtres et des relations et nous rappelle nos illusions et nos pulsions qui vagabondent quelque part entre l’humain, la nature et l’animal.

PARCOURS

Ayda-Su Nuroglu est une artiste plasticienne franco-turque qui partage son temps et son travail entre la France et la Turquie. Son atelier est basé à Aniane en Occitanie, où elle travaille en tant que plasticienne et artiste-intervenante. Ayda-Su Nuroglu est née en 1982 en France où elle vit toute son enfance. Elle passe son adolescence en Turquie, à Istanbul, avant de revenir à Bourges pour entrer aux Beaux-Arts. Après son Diplôme National Supérieur, elle se formera aux techniques de l’estampe aux Ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris pendant 9 ans. Au-delà et en parallèle de sa formation et de sa pratique artistique, elle poursuit avec un Master en Art-Thérapie à l’Université de Médecine de Tours. Ses créations se façonnent ainsi depuis plusieurs années au gré de projet d’exposition, d’ateliers pédagogiques, d’édition, de commandes graphiques et ainsi se développe sur des supports multiples. Ayda-Su Nuroglu anime régulièrement des ateliers artistiques  (Ville de Montpellier, DRAC, Inspection Académique, Beaux-Arts de Sète, écoles…) auprès de participants de tous âges et en particulier auprès de personnes en situation de handicap mental.